POLYMONT : Austérité pour les salariés et augmentation pour les nantis

POLYMONT : Austérité pour les salariés et augmentation pour les nantis

La direction de la société Polymont a entamé une véritable politique d’austérité. Certes, nous sommes dans une période de crise. Mais les salariés n’y sont pour rien ! Et pourtant, ils sont bien les seuls à en faire les frais. Ainsi, les premières victimes des décisions patronales chez Polymont sont comme ailleurs les plus précaires. Près d’un tiers des emplois en CDD ont disparu. Alors que l’entreprise en comptait 129 en 2007, ils n’étaient plus que 5 en 2009. Quant aux travailleurs extérieurs, elle en exploitait 480 en 2007, et seulement … 20 en 2009. Un tel recours en nombre à ces types de contrats est déjà significatif de la précarité dans laquelle la direction et les actionnaires entendent maintenir les salariés… Et dans la période actuelle, nos collègues ont véritablement servi de variable d’ajustement !

Si leur situation n’est pas enviable, ils ne furent pas les seuls à payer la note. Alors que des moyens énormes ont été alloués dans l’automobile, 3 milliards d’€ pour PSA, idem pour Renault, que l’Etat a autorisé massivement le chômage partiel, les salariés en CDI ont eux aussi été poussés vers la porte. La multiplication des licenciements pour faute grave, 16 en 2007 contre 51 en 2009, atteste de la violence avec laquelle le patronat s’en est pris aux salariés dans l’entreprise. Alors que l’effectif était de 691 en 2007, il est passé à 623 fin 2009, et ne serait plus que de 610 environ à ce jour. Dans le même temps que l’entreprise dégraissait en douce, certaines organisations syndicales donnaient un blanc-seing à la direction pour recourir au chômage partiel. Ainsi, en 2009, 292 salariés, soit 45% de l’effectif, ont vu leur rémunération amputée du fait de cette mesure, alors que les conditions de travail ont pu se dégrader pour ceux qui ont eu la chance d’y échapper.

Ces mesures ont entraîné une chute de la masse salariale globale d’environ 25% (25,5 millions d’€ en 2007 et environ 19 millions d’€ en 2009). Mais la cure d’austérité n’a pas touché tout le monde. Pendant que les travailleurs, ceux qui produisent l’intégralité des richesses étaient promis au chômage, à la précarité, l’écart entre les 10% des salariés les mieux payés et les 10% des salariés les moins payés a augmenté. Quant aux 10 salariés les mieux payés, leur rémunération annuelle (avantages en nature inclus) est passée de 868 121 € à 897 006€, soit plus de 3% d’augmentation !

Les salariés ne sont en rien responsables des crises que rencontrent les entreprises qui les emploient, mais l’avidité des dirigeants est telle que pour préserver leurs profits, leurs rémunérations, ils n’hésitent pas à se débarrasser de milliers de travailleurs. Il aurait été possible de maintenir les emplois, les salaires, mais cela, seuls les salariés pourront l’imposer par leurs luttes !