La complémentaire santé en question

La complémentaire santé en question

En introduisant dans l’accord interprofessionnel de janvier 2013, 2 articles relatifs à la couverture complémentaire santé collective de branche, les signataires, CFDT, CGC, CFTC et le patronat, poursuivent l’oeuvre de destruction de la sécurité sociale. Ainsi, sous prétexte de généralisation de la couverture santé aux salariés, cette complémentaire santé est une attaque contre le principe d’une couverture à 100% par la sécurité sociale des dépenses santé.

Nos repères revendicatifs en la matière stipulent : « La protection sociale vise à protéger les individus des aléas et des évolutions de la vie ainsi que des ruptures avec le marché du travail : maladie, maternité, accidents du travail, invalidité, perte d’autonomie, chômage, retraite, éducation des enfants ».

La protection sociale doit répondre aux principes de solidarité, de démocratie et d’universalité qui constituent le fondement de la sécurité sociale La sécurité sociale est au coeur de la protection sociale en France.

Et c’est parce que « la sécurité sociale a connu des reculs qui se sont accentués durant les années 1980 », qu’en matière d’assurance maladie, « un transfert d’une partie des dépenses sur les assurances complémentaires, avec pour conséquence une augmentation du reste à charge pour les usagers » [repères revendicatifs CGT, fiche 21 – novembre 2011] d’où la bataille pour la reconquête de ce que doit être la sécurité sociale.

Mais cette bataille ne nous exonère pas de travailler sur les questions de complémentaire santé eu égard aux mutuelles et aux institutions de prévoyance afin de faire en sorte de ne pas construire un système de frais de santé comme élément de rémunération différée individualisable.

Notre objectif est bien de bâtir un véritable régime fondé sur un objectif de solidarité se déclinant, outre une cotisation quel que soit le risque propre à la population d’une entreprise et à la situation personnelle de chaque salarié, par les droits non contributifs, une action sociale, une politique de prévention permettant à la fois d’améliorer les taux de fréquence et de gravité des sinistres et de contribuer à un droit fondamental à l’intégrité physique et psychique de travailleurs.

Dans ce cadre, chacun cotise en fonction de ses revenus et reçoit selon ses besoins, quel que soit les risques.