Déclaration sur le Mécanisme Européen de Stabilité

Déclaration sur le Mécanisme Européen de Stabilité

La Fédération CGT des Sociétés d’études appelle les parlementaires, députés et sénateurs, à rejeter le projet de loi instituant le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) dont l’article premier le fonde comme une « institution financière internationale » à l’image du FMI.

L’article 12 indique que le « soutien » apporté par le MES à un pays européen sera « subordonné à une stricte conditionnalité (…) qui peut prendre la forme, notamment, d’un programme d’ajustement macroéconomique ».

La Fédération CGT des Sociétés d’études rappelle que le principe de « conditionnalité des prêts » a permis au FMI d’imposer des « plans d’ajustements structurels » pillant les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, organisant systématiquement les privatisations, la déréglementation et la destruction des droits et des conquêtes sociales.

Le MES est indissociable du nouveau Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance dans l’Union Européenne (TSCG) et permet à la Commission Européenne de fixer les mesures de rigueur à appliquer dans chaque pays.

Il s’agit ainsi d’imposer la dictature des marchés financiers contre la souveraineté des nations, le parlement recevant une simple information chaque fois qu’une décision engageant les finances de l’Etat sera prise par le MES.

Il s’agit d’imposer à chacun des peuples d’Europe ce qui est imposé aujourd’hui au peuple grec.

Le TSCG oblige à inscrire dans la Constitution une règle interdisant les déficits. Il impose la réduction de 5% par an de la dette publique : 80 milliards par an en France, 20% du budget de l’Etat !

En constitutionnalisant l’austérité et en faisant des régressions sociales un objectif impératif s’imposant aux Etats, le MES et le TSCG créent les conditions pour priver les organisations syndicales de leur principales prérogatives : négocier les salaires, défendre l’emploi, la Sécurité Sociale et les services publics dans l’intérêt des salariés et de leurs familles.

Le MES et le TSCG menacent l’existence même des libertés syndicales, la liberté de revendiquer et de négocier, d’agir collectivement par la grève et les manifestations, pour préserver et améliorer la condition des travailleurs.

La Fédération CGT des Sociétés d’études alerte les salariés et s’adresse aux parlementaires :

Le MES et le TSCG menacent la démocratie.

Ils doivent être rejetés !