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SAP : Télétravail : éviter la surcharge

SAP : Télétravail : éviter la surcharge

Chers collègues,

Le télétravail est devenu la norme pour les SAPiens depuis presque 3 mois, comme pour 70% des cadres et professions intermédiaires en France. Pendant ce temps, des millions de travailleurs sur site ont été contraints de s’exposer fortement aux risques sanitaires, évidemment dans le secteur médical mais aussi dans de nombreuses professions moins médiatisées.

Après la sortie du confinement, le télétravail élargi, voire total, continue pour la plupart d’entre nous. Cela pourrait durer encore quelques mois. Quels sont les effets du télétravail sur nos conditions de vie et de travail ? Comment faire face ?

Pour en savoir plus, nous recommandons la lecture du rapport d’enquête Ugict-CGT (autre lien ici) sur les conditions de travail et d’exercice de la responsabilité professionnelle durant le confinement. Dans ce rapport, plusieurs constats font pleinement écho au vécu des salariés SAP pendant la crise..

LE POIDS DU TÉLÉTRAVAIL

Nuances de confinement : du cocon studieux et confortable au bunker spartiate et étouffant

Certes, le télétravail offre quelques avantages pour certains, notamment le gain de temps et de stress sur les trajets professionnels. Mais il existe plusieurs revers à la médaille, et les SAPiens (comme les Français) ne sont pas égaux devant le télétravail. Pour beaucoup, le télétravail est exercé en mode « dégradé », parfois au-delà du raisonnable.

En effet, les salariés vivent dans des conditions de logement très disparates, ne serait-ce qu’en termes de surface disponible, d’environnement, d’isolement phonique … Quand il s’agit de télétravailler, s’ajoutent les inégalités de confort et technologiques des espaces de travail domestiques.

Les insuffisances d’ergonomie ont été évoquées tant par les élus en CSE que par les salariés lors de réunions en ligne avec la direction et le management. Plusieurs salariés n’ont pas obtenu de solution concrète et satisfaisante, maintenus de fait dans une situation de travail très dégradée. Or, les salariés de SAP n’ont aucune obligation de travailler dans des conditions pouvant manifestement porter atteinte à leur santé physique ou mentale. Si vous considérez être dans ce cas, contactez-nous.

Une cadence soutenue malgré davantage de contraintes

Travailler à la maison engendre habituellement un surcroît de tâches domestiques (courses, repas, vaisselle, …), nettement amplifié pendant le confinement. Il faut ainsi bouleverser son organisation personnelle, partager l’espace et les équipements avec les autres membres du foyer (conjoint, parents, …), et veiller à l’éducation et aux besoins des enfants lorsqu’ils sont confinés.

Pour les métiers compatibles avec le télétravail, le volume de travail est resté très important, parfois même en augmentation. On constate que la charge de travail sur une journée (24h incompressibles, même en confinement !) ne diminue pas malgré de nombreuses interruptions non professionnelles. En outre, l’organisation du travail est profondément modifiée.

Dans ces conditions, des salariés ont nettement allongé leurs journées de travail et sacrifié une partie de leurs week-ends. Rien ne les y oblige ! Tout salarié a droit à un minimum de repos quotidien et hebdomadaire. Et tout dépassement du temps de travail contractuel doit être encadré et rémunéré.

Télétravail des femmes : la double peine aggravée

Au sein de l’entreprise, beaucoup de femmes subissaient déjà des inégalités salariales et de développement de carrière, y compris chez SAP qui n’arrive pas à occulter ces réalités concrètes. Au sein du foyer, les femmes sont encore souvent plus impliquées et exposées à la charge mentale et physique liée aux tâches domestiques et à l’éducation des enfants.

En période de télétravail partiel, cette double peine injustifiée est augmentée. Pendant le confinement, la surcharge physique et mentale a atteint des niveaux encore plus élevés, parfois insoutenables. Sans surprise (!), les femmes (en moyenne) ont plus subi et souffert du confinement. SAP ne doit pas fermer les yeux sur ces situations.

Tous exposés, tous concernés

Bien que tous différents, les salariés sont tous confrontés, à des degrés divers, aux contraintes liées au télétravail, a fortiori quand il résulte du confinement. Le cumul récurrent et prolongé de ces contraintes physiques, organisationnelles et mentales expose davantage les salariés, à terme, à des pathologies graves : burnout, TMS sévères, AVC, cancer … Cela arrive parfois plus vite qu’on ne le pense. Plusieurs de nos collègues l’ont vécu douloureusement.

Pour prévenir et réduire ces risques, le rôle de l’employeur et du management est prépondérant. Or, les salariés de SAP en France ont connu des expériences très différentes en fonction de l’attitude de leur chaîne hiérarchique (de France ou d’ailleurs).

UTILISONS NOS DROITS POUR RÉTABLIR LA BALANCE !

Les salariés ont des droits pour compenser les déséquilibres inhérents au contrat de travail et au statut. À de rares exceptions, ces droits restent opposables même en temps de crise. Ne perdons pas de vue quelques éléments fondamentaux pour préserver notre santé sans renoncer à notre emploi.

« Tout travail mérite salaire », mais pas seulement

Notre salaire est payé pour la mise à disposition de notre force de travail, pour un volume d’heures et / ou de jours convenus contractuellement. Nous ne sommes pas payés à la tâche ni au résultat (ne pas confondre fixe et variable). Chacun fait de son mieux dans le temps contractuel imparti et dans la mesure de ses compétences et connaissances.

L’employeur doit payer les heures supplémentaires, qu’elles soient commandées explicitement ou qu’elles résultent d’une injonction à accomplir des tâches dans un délai imposé (travail prescrit).

L’employeur doit fournir du travail au salarié. Il ne suffit pas de payer le salaire. Une mise au placard imposée pourrait être qualifiée de harcèlement moral.

Adapter le travail au travailleur

Le code du travail, précisé par plusieurs jurisprudences, indique un principe de bon sens : il faut adapter le poste et les conditions de travail à l’individu. Ainsi on fait porter l’effort sur des mesures organisationnelles et des équipements pour réduire les contraintes pesant sur le salarié.

En application de ce principe, la charge de travail prescrite est nécessairement ajustée à chaque salarié et à sa situation. Faisons respecter ce principe. En acceptant de se soumettre à une charge de travail excessive, le salarié risque d’échouer (délai non tenu, travail mal exécuté) et risque sa santé. Cela prend encore plus d’écho dans le cadre du confinement sanitaire. Les responsables hiérarchiques doivent tenir compte des contraintes personnelles. Il serait abusif et indigne de mettre en concurrence le contrat de travail et, par exemple, les responsabilités parentales.

L’employeur est responsable de notre santé au travail

Enfin, n’oublions pas le plus important : même (et surtout) pendant le confinement, l’employeur reste soumis à une obligation renforcée de « sécurité de résultat » concernant la santé des salariés. Cela signifie que l’employeur doit utiliser tous les moyens nécessaires et humainement possibles pour garantir la santé des salariés dans l’exercice de leur travail, que ce soit sur site ou ailleurs, y compris en télétravail.

L’employeur est en quelque sorte un chef d’orchestre. Mais c’est à lui et à son équipe de management de se mettre au diapason, de confier à chacun d’entre nous des instruments, partitions et rythmes adaptés, pour parvenir sans couacs à jouer à l’unisson.

LES LEÇONS DE LA CRISE DOIVENT PROFITER D’ABORD AUX SALARIÉS !

Le confinement a montré que de nombreux salariés sont en capacité de télétravailler à 100% ou presque. Cela ne doit pas servir de prétexte à la direction pour réduire les espaces de bureaux, éclater les collectifs de travail, isoler les salariés, imposer du télétravail lorsqu’il n’est pas souhaité… Les risques spécifiques liés au télétravail demeurent mais, dorénavant, SAP a encore moins d’excuses quand il s’agit de répondre aux demandes individuelles et motivées de salariés, par exemple :

  • Télétravail 3 ou 4 jours par semaine en cas de difficultés familiales, éloignement, … ;
  • Télétravail renforcé (jusqu’à 100% si besoin) pour des travailleurs en situation de handicap temporaire ou permanent..

Le saviez-vous ?
Le médecin du travail peut émettre des recommandations pour maintenir ou rétablir l’aptitude d’un salarié : fourniture d’équipements (protège-poignet, siège ergonomique, …), adaptation du poste et de l’environnement de travail (bureau individuel, télétravail), aménagement du temps de travail (temps partiel). L’employeur est tenu de prendre en compte ces recommandations. À défaut, on pourra lui reprocher d’avoir violé son obligation de sécurité de résultat..

Vous êtes confronté à des situations délicates ou à des directives anormales ? Contactez-nous.