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Le Chiffre Déchaîné n°156

Le Chiffre Déchaîné n°156

NAO Experts-Comptables & Commissaires aux Comptes 2021 :
Intensifier le travail pour gonfler les dividendes…
À quand la visite du pauvre le vendredi ?

Lors de la réunion de la CPPNI (Commission Permanente Paritaire Nationale d’Interprétation, instance incarnant la branche) des experts-comptables et commissaires aux comptes qui s’est tenue vendredi 12 février, nous sommes revenus sur la négociation des minima conventionnels. Le patronat offre en grande pompe 0,8% d’augmentation, soit à peine plus que l’inflation 2020, mais pas de quoi redresser une situation qui s’est détériorée en termes de pouvoir d’achat depuis plusieurs années.

Aucune reconnaissance de la surcharge de travail, de son intensification, bref de l’implication des salarié.e.s ni de leur travail tout court !

Et le discours libéral est assumé et formulé en tant que tel. On prend des jeunes moins chers, on ne nie pas couper les têtes des hauts salaires et tant pis pour l’évolution de la profession ! Avec un tel plan de carrière, pas étonnant que les plus jeunes partent en courant à la moindre occasion. On n’est pas près d’avoir des renforts.

Un argument répété à l’envi : si on augmente trop les gens, il faudra réduire l’emploi car après l’activité partielle et les prêts garantis par l’Etat, le secteur va s’effondrer. C’est marrant mais quand on parle formation professionnelle tout va bien, pas la peine d’investir davantage dans l’accompagnement des salarié.e.s mais quand on parle salaire, le ciel tombe sur la tête de ces « pôvres patrons ». Et sur l’argument de fond, ils ne perdent pas le nord non plus : si vous voulez augmenter le niveau de salaire, il va falloir le gagner par la productivité et baisser l’emploi ! Il n’y a pas un centime de marge de manœuvre financière… sauf quand il s’agit de bonus ou dividendes. Charité bien ordonnée n’est-ce pas….

Un discours empreint de prédictions apocalyptiques, mais d’excellents résultats réels pour les cabinets de la branche. Et quoiqu’on en dise, les faits sont bien plus têtus que les prévisions-au-doigt-mouillé-qui-peuvent-sans-problème-se-contredire-au-besoin. C’est beau la vie de patron. On aimerait avoir ce genre de confort au boulot.

Face au contexte, à l’année écoulée et aux perspectives à venir, les revendications de la CGT demeurent les suivantes :

  • Le premier niveau à 1 800€, avec ajustement des niveaux de classification supérieurs,
  • Et le premier niveau cadre au PMSS, avec ajustement des niveaux supérieurs de la grille.