Viveo : la direction persiste à vouloir se débarrasser des salariés

Viveo : la direction persiste à vouloir se débarrasser des salariés

Temenos – VIVEO France : suite à l’annulation des licenciements collectifs par la justice, la direction persiste à vouloir à se débarrasser des salariés par la pression psychologique.

A peine annoncé l’arrêt de la cour d’appel donnant raison aux salariés de VIVEO France en annulant le plan social pour défaut de motif économique, qu’un nouveau bras de fer est engagé entre les représentant du personnel et la direction placée à la tête de l’éditeur de logiciels français par son acquéreur et concurrent suisse Temenos délocalisé en Inde.

Après avoir empoisonné pendant de longs mois la vie des salariés de VIVEO France menacés de licenciements abusifs à travers un plan de restructuration dont le seul objectif était l’élimination d’un concurrent et de ses salariés pour tenter de mettre la main sur sa clientèle, la direction n’a pas trouvé mieux que mettre en place un nouveau système d’évaluation des salariés basé sur leur bon comportement, leur capacité à « promouvoir les valeurs de Temenos », à gagner la confiance du management, à percevoir le « changement » imposé à l’entreprise comme une « opportunité » positive.

Ce système d’évaluation intervient alors que le logiciel de Temenos développé en Inde peine toujours à percer sur le marché français et n’a guère réussi à compenser l’arrêt brutal de la commercialisation des logiciels de l’entreprise française imposé par Temenos en début 2010, moins d’un mois après le rachat de l’entreprise, ce qui ne laisse entrevoir aucune perspective d’avenir pour les salariés qui ont investi des dizaines d’années de leur vie à développer les produits de Viveo France.

Reposant sur un questionnaire à remplir lors des entretiens annuels, le nouveau système d’évaluation fut soumis aux représentants des salariés lors d’une réunion du Comité d’Hygiène de Sécurité et de Condition du Travail (CHSCT) convoqué le 13 avril 2011 en vue de recueillir leur avis.

Les représentants du personnel au CHSCT redoutant les conséquences psychologiques que pourrait avoir cette procédure sur le moral des salariés, déjà fragilisés par 16 mois de rude épreuve suite au plan social lancé à leur encontre, et estimant qu’ils ne sont pas en mesure d’émettre un avis éclairé sur le projet ont invoqué l’article L.46128 du Code du travail pour mandater un cabinet d’experts en risques professionnels psychosociaux, agréé par le Ministère du Travail, en vue d’en « évaluer les effets en termes de conditions de travail et de risques professionnels et aider le CHSCT à avancer, dans le cadre du projet, des propositions de prévention des risques professionnels »

Minorant les conséquences de son projet qu’elle juge conforme aux méthodes appliquées à l’ensemble des salariés du groupe, et refusant de financer l’expertise tel que prévu par le Code du travail, la direction a assigné le CHSCT devant le Tribunal de Grande Instance de Paris demandant au juge d’annuler la procédure d’expertise et de dire qu’elle présente un caractère abusif.

Le TGI, statuant en premier ressort, a annulé le recours à l’expertise demandé par le CHSCT, poussant ce dernier à faire appel en sollicitant un jugement sur le fond. L’audience de la Cour d’appel s’est tenue au palais de justice le 28 novembre 2011 en la présence massive des salariés venus nombreux exprimer leur soutient au CHSCT. La décision est mise en délibéré pour un arrêt qui sera rendu le 17 janvier

Après les récentes vagues de suicides liès aux méthodes d’évaluation des salariés observées chez bon nombre d’entreprises en France est-il admissible de passer outre le principe de précaution en faisant peu de cas des risques encourus par les employés les plus fragilisés, rien que par souci d’économie ?

Tout laisse à penser qu’en s’obstinant à faire passer son projet en force, la direction cherche avant tout à intimider les salariés et leurs représentants afin de mettre fin à toute velléité de contestation ou de revendication. Le nouveau système d’évaluation, tel qu’il est formulé, vise à punir les salariés qui ont osé contester, à juste titre, la procédure de licenciement collectifs dont ils ont fini par obtenir l’annulation par la justice.

« Je suis en trop», écrivait ce malheureux salarié de France Télécom avant de commettre l’irréparable. Faut-il en arriver là chez VIVEO pour que la direction, décidée à se débarrasser par tous les moyens de ses salariés pour gonfler ses marges, puisse enfin cesser ses manoeuvres d’intimidation et revenir à la raison ?

La direction ayant intenté un pourvoi en cassation à l’encontre l’arrêt de la Cour d’appel du 12 mai annulant le Plan social, elle ne peut, comme elle l’avait prévu, réduire le nombre des salariés de Viveo France, elle cherche à poursuivre la réduction des effectifs par le recours à une manœuvre visant à pousser vers la porte de sortie, en les dévalorisant, les salariés qui ont osé lui résister.

Mais les salariés qui ont mené pendant de long mois un combat farouche pour défendre leur emploi refusent de se faire voler leur victoire. Les provocations de la part de la direction sont de nature à les pousser à descendre à nouveau dans la rue, comme ils ont su le faire des dizaines de fois pour protester contre le plan social avant qu’ils n’obtiennent son annulation par la justice.

L’Intersyndicale CGT, CFE-CGC de VIVEO France, Paris le 28 novembre 2011