SAP voudrait virer 4 400 personnes… sur la base du volontariat

SAP voudrait virer 4 400 personnes… sur la base du volontariat

L’information est tombée mardi 29 janvier, au moment où le président du groupe présentait à la presse les merveilleuses performances économiques et financières du groupe mondialisé SAP.

SAP est une entreprise de haute technologie, riche, très rentable, promise à un bel avenir ; mais il faut virer 4 400 personnes parce que la « restructuration est indispensable si l’on veut rester dans la course au cloud et nous porter vers les marchés actuels […] »1. En interne, le « Board »2 explique à tous les formidables employés qui ont permis les merveilleux résultats de 20183 que le plan de départ est destiné à « simplifier SAP » et lui permettre d’investir dans les secteurs
de croissance. C’est une sorte de « fitness program » similaire à ce qui a été fait en 2009, 2014 et 2015.4

« Experience Matters » étant la devise d’entreprise lancée au début de l’année 2019, SAP envisage des plans de pré-retraite et des plans de départs fondés sur le volontariat uniquement.
Ce plan a-t-il quelque chose à voir avec le rachat de Qualtrics en 2018 pour 7.1 milliards d’euros ? Non, non et encore non ! Le big boss l’affirme : SAP est une « compagnie en croissance qui explore des stratégies de croissance encore plus ambitieuses ». « À la fin de l’année 2019, SAP devrait compter plus de 105 000 employés ». On ne supprime pas de postes, on ne réduit pas l’emploi… on restructure !

Cherchez l’erreur…

SAP restructure tous les ans, voire tous les 6 mois, au gré des changements et des nominations des chefs et des sous-chefs. Alors :

  • Pourquoi vouloir faire partir 4 400 personnes sur 96 000 employés à fin 2018 (soit 4.6% des effectifs) ? Ne peut-on pas laisser l’attrition agir seule ?
  • Pourquoi faire partir 4 400 volontaires pour embaucher près de 15 000 autres volontaires (soit plus de 15%) en 2019 ?
  • Puisqu’il s’agit de volontariat et non de suppressions de postes clairement définis, peut-on vraiment parler de restructuration ?
  • SAP ne saurait pas créer en interne les compétences sur ses propres produits ?
  • N’est-ce qu’une annonce à finalité boursière qui aurait mal marché ? (Au 11 février l’action est à 92,50 euros, au 24 janvier elle était à 93,50 euros.)

Les observateurs lucides et avertis de notre « Intelligent Enterprise » experte du « SAP In Memory », n’auront pas oublié que :

En 2008, SAP achète Business Objects pour environ 4,8 milliards d’euros.
En 2009, SAP lance un plan de licenciement collectif mondial d’environ 3000 départs.

En 2013, SAP achète Fieldglass (montant inconnu) et Concur pour 6,4 milliards d’euros.
En 2014, SAP lance un nouveau plan de licenciement collectif mondial d’environ 3 000 postes.
En 2015, SAP lance une seconde vague de départs de 2 200 personnes environ.

En 2018, SAP achète Qualtrics pour 7 milliards d’euros.
En 2019, SAP lance un plan mondial de départs volontaires de 4 400 personnes.

Mais il y aurait tellement de choses à raconter. La suite au prochain épisode…

Contacts : sap_cgt@sap.com


1 https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/sap-se-restructure-et-annonce-4000-suppressions-de-postes-1623047.html
2 Le Directoire, car SAP est une Société Européenne dotée d’une direction duale (Directoire + Conseil de surveillance)
3 « Thanks for building what is undeniably the number one business software company in the world, with your determination, intellect and relentless will to win » a dit le grand patron de SAP.
4 https://finance.yahoo.com/news/sap-cut-between-1-500-164601468.html?guccounter=1 pour 2014 ;
https://www.ndtv.com/business/german-software-company-sap-to-axe-2-200-jobs-74476 pour 2015